Monday, December 10, 2007
Je me suis amusée à créer mon Slide Show!
J'trouve çà très sympa de voir tous ses dessins à la suite comme çà. J'vais en faire d'autres. Mais, sinon, oui, ce matin, j'ai autre chose à faire. Alors à peluche.
Saturday, December 01, 2007
appel de l'université de Paris 13
Un lien que l'on m'a envoyé et que je diffuse à la demande de l'université paris 13. Lisez s.v.p!
Nous, enseignants, chercheurs et personnels administratifs de l'université de Paris 13, nous déclarons opposés à la loi Libertés et Responsabilités des Universités, dite d' « Autonomie ». Nous ne nous reconnaissons pas dans le soutien quasi sans faille de la Conférence des Présidents des Universités (exprimé au mépris des nombreuses motions des conseils condamnant cette loi). Certes, l'université est en crise et le statu quo ne saurait nous satisfaire, mais loi LRU n'apporte pas de réponses aux difficultés réelles de l'université. Plus grave encore, elle en créera de nouvelles : elle accroît les inégalités entre les établissements et s'attaque à la notion même de service public de l'enseignement supérieur et de la recherche. Nos critiques s'articulent autour de trois axes :
Concentration des pouvoirs : la loi LRU offre au président d'université un arsenal de dispositions qui renforcent ses pouvoirs. Démocratie et collégialité sont menacées par la réduction du rôle du Conseil Scientifique et Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire, qui ne seront plus que « consultés ». Le recrutement ne sera plus assuré par des commissions de spécialistes mais par des comités de sélection ad hoc désignés par le président, et dont les membres n'émaneront plus exclusivement du champ disciplinaire concerné. Censés remédier au « localisme » qui affecte beaucoup de recrutements actuels, ces comités de sélection ne feront pourtant que renforcer les logiques de clientélisme tout en perdant en légitimité scientifique et en collégialité. Le président aura en outre un droit de veto sur les décisions finales de ces comités.
Recours au financement privé : la loi LRU l'encourage par le biais de fondations qui géreront des dons d'entreprises privées ou de particuliers, des réductions d'impôts étant accordées pour un montant représentant 60 à 66% des dons. Dans le même temps, le budget 2008 confirme le désengagement de l'Etat: les montants alloués au Crédit Impôt Recherche augmentent massivement afin de financer la recherche privée, aucune création de postes n'est envisagée. Que ce soit par ces réductions d'impôts ou par le Crédit Impôt Recherche, l'Etat laisse ainsi des intérêts privés répartir, sans aucun contrôle, une partie significative du budget de la nation consacré à l'enseignement supérieur et la recherche. Ce choix de financement signifie pour nous que derrière l'annonce d'autonomie financière des universités se profile en fait la menace d'une perte d'autonomie scientifique et pédagogique face à la logique utilitariste des investisseurs privés. La course à ces financements privés instaurera par ailleurs une mise en concurrence d'établissements - et de formations entre elles en leur sein - alors que tous n'ont déjà pas au départ les mêmes atouts. Ceci accentuera donc la hiérarchisation, au lieu de tendre à rétablir une équité ainsi qu'¦uvrer à une unification des moyens des formations post-bac (Classes préparatoires/grandes écoles, universités, IUT, BTS).
Remise en cause des statuts des personnels : la loi LRU renforce un processus déjà amorcé pour les personnels BIATOS : individualisation des carrières, arbitraire du pouvoir hiérarchique à travers l'instauration de primes et modulations de service (après une évaluation sujette à caution). La loi élargit également les possibilités de recrutement de non-fonctionnaires (en CDD ou CDI) et par là même augmente la précarisation des personnels, notamment des BIATOS, mais aussi des enseignants-chercheurs désormais. Les présidents en mal de soutien financier ou cherchant à compenser les sommes dépensées pour attirer les « meilleurs » ne manqueront pas d'être tentés par ces possibilités nouvelles, ou alors d'externaliser certains services de manière à diminuer la masse salariale au profit du budget de fonctionnement.
Ensemble, nous refusons l'université qui nous est proposée. Nous voulons une université avant tout publique et offrant les mêmes chances de réussite à tous. Pour cela, l'Etat doit s'engager à la financer à la hauteur des autres pays de l'OCDE. Nous ne rejetons ni la professionnalisation ni la nécessité d'entretenir des liens avec le monde du travail mais selon nous, l'université ne doit pas assujettir ses missions aux demandes fluctuantes des investisseurs privés et des employeurs. Elle doit rester un lieu de diffusion des savoirs et de la connaissance, de développement de la recherche, ainsi qu'un lieu d'émancipation intellectuelle et de promotion sociale.
En conséquence, nous nous engageons et appelons nos collègues de tous statuts à participer activement à la mobilisation, aux côtés des étudiants. Nous appelons également à la reprise d'assises de l'enseignement supérieur dans tous les établissements, afin d'associer étudiants et personnels à la réflexion sur les missions de l'université et ses nécessaires évolutions. La réforme de l'Université ne peut en effet s'envisager qu'après un large débat impliquant les communautés scientifiques, et au-delà l'ensemble de la société française.
Sauvons l'université et construisons ensemble un autre projet !
Concentration des pouvoirs : la loi LRU offre au président d'université un arsenal de dispositions qui renforcent ses pouvoirs. Démocratie et collégialité sont menacées par la réduction du rôle du Conseil Scientifique et Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire, qui ne seront plus que « consultés ». Le recrutement ne sera plus assuré par des commissions de spécialistes mais par des comités de sélection ad hoc désignés par le président, et dont les membres n'émaneront plus exclusivement du champ disciplinaire concerné. Censés remédier au « localisme » qui affecte beaucoup de recrutements actuels, ces comités de sélection ne feront pourtant que renforcer les logiques de clientélisme tout en perdant en légitimité scientifique et en collégialité. Le président aura en outre un droit de veto sur les décisions finales de ces comités.
Recours au financement privé : la loi LRU l'encourage par le biais de fondations qui géreront des dons d'entreprises privées ou de particuliers, des réductions d'impôts étant accordées pour un montant représentant 60 à 66% des dons. Dans le même temps, le budget 2008 confirme le désengagement de l'Etat: les montants alloués au Crédit Impôt Recherche augmentent massivement afin de financer la recherche privée, aucune création de postes n'est envisagée. Que ce soit par ces réductions d'impôts ou par le Crédit Impôt Recherche, l'Etat laisse ainsi des intérêts privés répartir, sans aucun contrôle, une partie significative du budget de la nation consacré à l'enseignement supérieur et la recherche. Ce choix de financement signifie pour nous que derrière l'annonce d'autonomie financière des universités se profile en fait la menace d'une perte d'autonomie scientifique et pédagogique face à la logique utilitariste des investisseurs privés. La course à ces financements privés instaurera par ailleurs une mise en concurrence d'établissements - et de formations entre elles en leur sein - alors que tous n'ont déjà pas au départ les mêmes atouts. Ceci accentuera donc la hiérarchisation, au lieu de tendre à rétablir une équité ainsi qu'¦uvrer à une unification des moyens des formations post-bac (Classes préparatoires/grandes écoles, universités, IUT, BTS).
Remise en cause des statuts des personnels : la loi LRU renforce un processus déjà amorcé pour les personnels BIATOS : individualisation des carrières, arbitraire du pouvoir hiérarchique à travers l'instauration de primes et modulations de service (après une évaluation sujette à caution). La loi élargit également les possibilités de recrutement de non-fonctionnaires (en CDD ou CDI) et par là même augmente la précarisation des personnels, notamment des BIATOS, mais aussi des enseignants-chercheurs désormais. Les présidents en mal de soutien financier ou cherchant à compenser les sommes dépensées pour attirer les « meilleurs » ne manqueront pas d'être tentés par ces possibilités nouvelles, ou alors d'externaliser certains services de manière à diminuer la masse salariale au profit du budget de fonctionnement.
Ensemble, nous refusons l'université qui nous est proposée. Nous voulons une université avant tout publique et offrant les mêmes chances de réussite à tous. Pour cela, l'Etat doit s'engager à la financer à la hauteur des autres pays de l'OCDE. Nous ne rejetons ni la professionnalisation ni la nécessité d'entretenir des liens avec le monde du travail mais selon nous, l'université ne doit pas assujettir ses missions aux demandes fluctuantes des investisseurs privés et des employeurs. Elle doit rester un lieu de diffusion des savoirs et de la connaissance, de développement de la recherche, ainsi qu'un lieu d'émancipation intellectuelle et de promotion sociale.
En conséquence, nous nous engageons et appelons nos collègues de tous statuts à participer activement à la mobilisation, aux côtés des étudiants. Nous appelons également à la reprise d'assises de l'enseignement supérieur dans tous les établissements, afin d'associer étudiants et personnels à la réflexion sur les missions de l'université et ses nécessaires évolutions. La réforme de l'Université ne peut en effet s'envisager qu'après un large débat impliquant les communautés scientifiques, et au-delà l'ensemble de la société française.
Sauvons l'université et construisons ensemble un autre projet !
Friday, November 16, 2007
Mr Allègre, révisez vos dossiers (à moins que vous ne deviez en prendre connaissance!
Jeff m'a envoyé aujourd'hui ce lien. J'ai donc visionné cette vidéo. Effectivement j'aurais plusieurs remarques à faire mais je vous laisse d'abord écouter (comme je le fais en classe pour ne pas vous influencer).
Un lien tout d'abord. Educnet où est répertorié l'ensemble des pratiques des professeurs de musique toutes académies confondues. Les pratiques ont énormément changé en 20 ans. Que répondre à quelqu'un de la génération de Mr Allègre? qu'il est dépassé depuis bien longtemps et tient des propos qui sont réactionnaires? qu'il ferait mieux de s'occuper à des activités de son âge? qu'il n'est pas capable d'aligner deux mots, deux idées cohérentes et ferait mieux de lire un texte pré-maché? je ne m'abaisserai pas jusque là.
Je ne suis pas de ceux (celles) qui se laisseront diviser par ce genre de discours. Après 20 ans de ZEP, je serais bien placée pour penser que ce n'est pas le même métier pour tous les professeurs selon l'endroit où ils exercent. Mais à quoi bon nous dresser les uns contre les autres?
Eh bien, pour économiser encore plus, sans doute. Au début de ma carrière, j'enseignais 20 heures au lieu de 18 pour les autres. Avec le sentiment que j'étais donc un sous-prof. Les heures sup pleuvaient, puisqu'il y avait 20 classes au moins. Ou alors il n'y en avait que 16, et je devais compléter mon service, jouant le rôle d'un remplaçant (on sait le sort qui leur est réservé dans certains collèges). Lorsque j'avais des problèmes de discipline, on disait "c'est encore la musique!" comme si c'était ma faute. Ou l'on se plaignait du bruit, car la classe n'était pas insonorisée. Je passe sur les réflexions des parents (mais comment vous notez?"), celles de certains autres profs ("Zéro en musique? il chante faux?") et celle des CPE ("quand tu les mets à la porte, donne-nous un devoir!"), celles, douloureuses, des élèves ("prof de musique, c'est pas un métier!"). Pas de manuel, pas de partitions, pas de CD. Tout à acheter, emprunter, entasser au fil des années, de ma poche. Tout à faire, peu de conseils. Débrouillez-vous sur le terrain.
500 élèves, cela veut dire que quand vous donnez un travail (parce que j'en donne!) c'est 500 copies. Et ce ne sont pas des QCM...Les préparations de cours me prennent deux mois par an. Le reste passe en pratique personnelle (ça compte quand vous devez jouer devant vos élèves) et en recherches de tous ordres. A présent l'on vous demande de coller au "programme" (ce que je fais, en partie). Pour que le tout soit cohérent. On vous demande de faire des projets (les heures sup sont rarement payées, je préviens les passionnés). On vous demande d'être bon en informatique (B2I, MAO, notes et bulletins informatisés ainsi que courrier administratif).
Mais c'est vrai: les profs sont des privilégiés et feignants avec çà. Ils ne font "que " 20 heures.
J'ai appris la musique à 7 ans. Je pratique 5 instruments, en particulier je suis pianiste médaillée. J'ai mes diplômes de violoncelle, solfège, analyse harmonique, harmonie et contrepoint en poche. Je suis auteur-compositeur. J'ai fait un banal Bac+4 en 4 ans sans faute, et suis entrée dans le métier à 22 ans. 24 ans d'enseignement. J'aime bien mon métier, je le trouve épuisant mais passionnant. Mais bien souvent, après une journée de boulot, j'ai pensé que si j'avais 60 ans, je ne tiendrais pas le coup physiquement, psychologiquement.
Mais comme je suis une privilégiée, j'ai eu le temps de créer 3 blogs pour mes élèves avec , je l'espère, assez d'éléments pour pouvoir poursuivre le cours par de multiples informations, pouvant donner lieu à des exposés et recherches qui valident le B2I. C'est çà, la vie de feignasse. En un an, environ 300 messages. Environ 30 000 visites. Je sers à rien, c'est pour çà.
Moi ça va. Mr Allègre, c'est peut-être trop tard pour une thérapie (traumatisé par votre prof de musique? eh bien moi aussi et pourtant...!) mais vous avez encore le temps d'apprendre à vous taire ou à vous informer et réviser vos dossiers avant d'ouvrir votre bouche.
Je pense que vous avez votre place dans le gouvernement actuel. Surtout ne loupez pas le coche, c'est votre dernière chance. Bien à vous.
Tuesday, November 13, 2007
news du mois de Novembre
Les activités autour du projet Petrouchka ont bien commencé. Nous avons eu une réunion pour décider de ce que nous avions envie de faire, en vue du spectacle prévu au mois de Mai, puis nous avons été à maisons Alfort assister à une répétition de l'Orchestre national d'Ile-de-France, et enfin nous en sommes à la troisième répétition (théâtre, arts plastiques, danse).Nous avons à présent notre blog, dans lequel je fais le journal de nos activités et découvertes, de nos réflexions et je mets de la documentation qui puisse donner des idées.
L'adresse: http://pauvrepetrouchka.canalblog.com/ Ainsi vous pourrez suivre notre progression, si le coeur vous en dit.
Dans les liens de la colonne de droite, Sur le blog madamemusique, vous trouverez des nouveautés:
un cyber-cours de guitare, avec référencement de sites intéressants pour les élèves ayant envie de s'y coller (vidéos, accords, arpèges, etc). Mais aussi un cyber-cours de Basse.
La liste des liens vidéos (musiques à découvrir et partager) s'est bien allongée; allez voir, il y en a pour tous les styles!
Sur le blog musiquethomasmann: les dossiers, les albums de Dead Can Dance (pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un groupe de Dark Wave, des choses à écouter, à lire et à voir), un article sur le Ballet Royal de Phnom Penh (au Cambodge), et un sur le "Pierrot Lunaire" de Schoënberg ont été ajoutés.
Je mets à jour les liens des catégories "mes cours" et "mes documents", "exposés". J'avais oublié, ce sera chose faite à la fin de la semaine.
N'hésitez pas à laisser un commentaire s'il vous semble qu'il manque quelque chose à ces blogs, si vous avez besoin d'un renseignement... N'oubliez pas que c'est un blog pédago (à l'attention d'élèves de collège).
A bientôt!
Sunday, October 21, 2007
manifestation du 20 octobre pour la journée nationale de solidarité avec les étrangers
Hier je suis descendue à Belleville participer à cette manifestation. Nous étions très nombreux, j'ai aperçu quelques drapeaux de la FSU et surtout de RESF dont je signe systématiquement les pétitions, et dont je visite le site quotidiennement. La manifestation s'est très bien déroulée, il y avait beaucoup d'enfants, des gens de tous horizons, et de multiples et diverses banderolles. J'ai pour ma part défilé sous la bannière RESF. Voilà leur compte-rendu. J'ai regardé dans les journaux en ligne, mais c'est toujours le même article, hihi!Pourquoi j'y vais, à ces manifs? lisez ce blog et vous comprendrez!(à l'école des sans-papiers, on vous raconte les événements que l'on nous cache, et qui donnent un sentiment de honte et d'impuissance à la plupart des défenseurs des droits de l'homme. On y apprend qu'un quota est plus important qu'un être humain, et même qu'un enfant. Je suis fière de ne pas avoir voté pour ces monstres.
une tite chanson chantée hier pendant la manif
mais euh...si vous voulez bien regarder celle-ci, je l'ai trouvée passionnante...
bon, histoire de se détendre, une petite vidéo "la solidarité"
Monday, October 15, 2007
article à lire: education artistique, encore un effort!
Éducation artistique, encore un effort !
Ouest-France - Jean-Michel Djian - Professeur associé à l'université de Paris VIII.
Dans l'éducation, il est un secteur qui fait régulièrement l'objet d'annonces, d'intentions, de protocoles et de décrets : celui de l'art. Mais, malgré l'existence de la loi de 1988, l'éducation artistique à l'école reste le parent pauvre de l'acquisition des savoirs. Les crédits sont rares, les enseignants souvent découragés. Pire, la mise en oeuvre de projets pour les élèves est tellement réglementée qu'elle est devenue dissuasive.
C'est dans ce contexte que survient l'annonce faite par Xavier Darcos d'instituer un enseignement obligatoire d'histoire des arts « de la maternelle à la terminale ». Pourquoi pas en effet ? Mais dans le même temps le président de la République exige de sa ministre de la Culture, Christine Albanel, et de son ministre de l'Éducation de mettre en chantier un ambitieux programme, tendant à favoriser le « renouveau » des pratiques artistiques des élèves. Un chargé de mission a même été désigné à cet effet. Très bien. Mais tout cela n'est pas nouveau.
André Malraux, Jack Lang, Catherine Trautmann, François Bayrou, Jean Jacques Aillagon : ils sont légion à avoir tenté cette révolution et s'y être cassé les dents. Alors pourquoi, depuis plus d'un demi-siècle, la montagne accouche-t-elle d'une souris ? A-t-on analysé les causes de ces échecs répétés ? Non. Or, à l'évidence, il existe au sein du système éducatif un type de résistance qui condamne systématiquement l'art et la culture aux marges. Et si les collectivités locales ne mettaient pas la main au porte-monnaie, il y a belle lurette que les jeunes se contenteraient des cours académiques de dessin et de musique.
Même si des enseignants, en particulier de lettres, se battent individuellement pour permettre à des artistes d'intervenir en classe ou de participer aux activités des institutions culturelles subventionnées, l'obligation de résultats (scolaires) implique d'accorder aux disciplines « nobles », en particulier les maths et le français, une priorité absolue.
Il y a là une tradition très française, presque idéologique, à vouloir sans cesse renforcer le rationnel et l'abstrait, comme si la plupart des jeunes étaient condamnés à ne développer qu'un seul hémisphère du cerveau, celui qui cultive la logique.
Pourtant, et l'intérêt croissant des jeunes à se professionnaliser dans le domaine culturel le prouve, jamais notre société n'a eu autant besoin de libérer l'imagination, redécouvrir la sensibilité, cultiver l'interrogation. L'enseignement et la pratique artistiques participent plus que tout à les révéler. Si on veut, enfin, démocratiser l'accès à l'art (si cher et si élitiste), permettre de développer un esprit critique pour faire face à une offre télévisuelle dévoreuse de « cerveau disponible », il est grand temps de prendre la mesure des vertus de l'éducation artistique. On peut s'en plaindre ou s'en féliciter, mais le cinéma, la musique (les ados en consomment désormais plus de 4 h 30 par jour !) l'architecture ou la mode sont devenues notre pain quotidien.
Peut-on imaginer, demain, une société dans laquelle ses membres ne seraient que des consommateurs passifs de la création d'images et de sons ? Non. Alors, pour cette seule raison, donnons à l'école les moyens de former l'autre hémisphère de notre cerveau, et à nos enfants la possibilité, comme le dit Hölderlin, d'« habiter poétiquement la Terre »
article trouvé dans la catégorie éducation" sur http://inventerre.canalblog.com/ (il est très bien ce blog, allez voir!)
Ouest-France - Jean-Michel Djian - Professeur associé à l'université de Paris VIII.
Dans l'éducation, il est un secteur qui fait régulièrement l'objet d'annonces, d'intentions, de protocoles et de décrets : celui de l'art. Mais, malgré l'existence de la loi de 1988, l'éducation artistique à l'école reste le parent pauvre de l'acquisition des savoirs. Les crédits sont rares, les enseignants souvent découragés. Pire, la mise en oeuvre de projets pour les élèves est tellement réglementée qu'elle est devenue dissuasive.
C'est dans ce contexte que survient l'annonce faite par Xavier Darcos d'instituer un enseignement obligatoire d'histoire des arts « de la maternelle à la terminale ». Pourquoi pas en effet ? Mais dans le même temps le président de la République exige de sa ministre de la Culture, Christine Albanel, et de son ministre de l'Éducation de mettre en chantier un ambitieux programme, tendant à favoriser le « renouveau » des pratiques artistiques des élèves. Un chargé de mission a même été désigné à cet effet. Très bien. Mais tout cela n'est pas nouveau.
André Malraux, Jack Lang, Catherine Trautmann, François Bayrou, Jean Jacques Aillagon : ils sont légion à avoir tenté cette révolution et s'y être cassé les dents. Alors pourquoi, depuis plus d'un demi-siècle, la montagne accouche-t-elle d'une souris ? A-t-on analysé les causes de ces échecs répétés ? Non. Or, à l'évidence, il existe au sein du système éducatif un type de résistance qui condamne systématiquement l'art et la culture aux marges. Et si les collectivités locales ne mettaient pas la main au porte-monnaie, il y a belle lurette que les jeunes se contenteraient des cours académiques de dessin et de musique.
Même si des enseignants, en particulier de lettres, se battent individuellement pour permettre à des artistes d'intervenir en classe ou de participer aux activités des institutions culturelles subventionnées, l'obligation de résultats (scolaires) implique d'accorder aux disciplines « nobles », en particulier les maths et le français, une priorité absolue.
Il y a là une tradition très française, presque idéologique, à vouloir sans cesse renforcer le rationnel et l'abstrait, comme si la plupart des jeunes étaient condamnés à ne développer qu'un seul hémisphère du cerveau, celui qui cultive la logique.
Pourtant, et l'intérêt croissant des jeunes à se professionnaliser dans le domaine culturel le prouve, jamais notre société n'a eu autant besoin de libérer l'imagination, redécouvrir la sensibilité, cultiver l'interrogation. L'enseignement et la pratique artistiques participent plus que tout à les révéler. Si on veut, enfin, démocratiser l'accès à l'art (si cher et si élitiste), permettre de développer un esprit critique pour faire face à une offre télévisuelle dévoreuse de « cerveau disponible », il est grand temps de prendre la mesure des vertus de l'éducation artistique. On peut s'en plaindre ou s'en féliciter, mais le cinéma, la musique (les ados en consomment désormais plus de 4 h 30 par jour !) l'architecture ou la mode sont devenues notre pain quotidien.
Peut-on imaginer, demain, une société dans laquelle ses membres ne seraient que des consommateurs passifs de la création d'images et de sons ? Non. Alors, pour cette seule raison, donnons à l'école les moyens de former l'autre hémisphère de notre cerveau, et à nos enfants la possibilité, comme le dit Hölderlin, d'« habiter poétiquement la Terre »
article trouvé dans la catégorie éducation" sur http://inventerre.canalblog.com/ (il est très bien ce blog, allez voir!)
Monday, October 01, 2007
Inauguration du jardin de la mémoire (Paris XIII)
Je tiens à remercier tous ces petits bouts courageux d'avoir appris si sérieusement ce chant et d'avoir chanté avec conviction, malgré l'émotion et le trac, et mes amies Aurélia et Elisabeth pour leur soutien moral.
C'était une belle après-midi, et ce bout de jardin symbolique, j'y retournerai régulièrement. J'ai fait quelques photos des sculptures réalisées par les élèves de Mme Loupiac, prof d'Arts Plastiques. Chacun de nous a pris un ruban de couleur et l'a attaché à un tuteur après y avoir écrit un petit message, et écrit un petit mot aux familles dans le cahier à l'entrée du jardin. Je suis heureuse d'avoir participé même de façon minime à cette inauguration, car ces enfants j'aurais dû les avoir en classe, et cela m'a beaucoup choquée et peinée lorsque je suis arrivée au collège.
une photo de la chorale gentiment envoyée par la maman de Thomas
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